IDÉALEMENT SITUÉE

Idéalement située est une exposition imaginée par un groupe d’étudiants de l’Ecole Supérieure d’Art Annecy Alpes (ESAAA) dans le cadre d’un projet pédagogique en partenariat avec le Fonds cantonal d’art contemporain de Genève (FCAC) et le Centre d’Art Contemporain, la Villa du Parc.
28.03.2018 au 02.06.2018
Avec les oeuvres de : CAROLINE BACHMANN, STEPHANE DAFFLON, PHILIPPE DECRAUZAT, GERALD DUCIMETIERE, SYLVIE FLEURY, FRANCESCA GABBIANI, MATHIS GASSER, VIDYA GASTALDON, CANDIDA HOFER, THOMAS HUBER, STEPHAN LANDRY, LOUISE LAWLER, PENTTI MONKKONEN, MATT MULLICAN, DOMINIQUE PAGE, GUILLAUME PILET, MARTA RINIKER-RADICH, CHRISTIAN ROBERT-TISSOT et DAN WALSH

Au cœur du parc Montessuit à Annemasse, à moins de cinq kilomètres de la frontière suisse et facilement accessible depuis Annecy, c’est une demeure bourgeoise du XIXe siècle restaurée pour offrir 300 m2 d’exposition répartis en cinq salles, auxquelles s’ajoutent une véranda et un balcon. Tel est l’espace dans lequel vont élire domicile les œuvres de la collection publique cantonale ; et l’on sait que l’espace et sa configuration sont les données premières d’un projet d’exposition, consistant à déplacer des œuvres et les replacer.

Quelques vingt-cinq œuvres d’artistes suisses et internationaux sont réunies dans cette sélection opérée parmi le riche fonds patrimonial, autrefois dévolu à décorer l’administration cantonale genevoise. Mais les signatures passent au second plan pour laisser les œuvres converser au sujet de la manière même dont les objets d’art dialoguent entre eux et réfléchissent leur espace d’exposition. Idéalement situées, donc, elles proposent des perspectives, des regards, des ouvertures vers l’intérieur du tableau, ou peut-être, l’au-delà des murs. Ainsi l’œuvre dans l’œuvre, prise au jeu vertigineux de la mise en abyme, entrebâille des portes interdites et des fenêtres sur une autre dimension, une twilight zone, où l’autoréférentialité pourrait déboucher sur la science-fiction. L’œuvre devient une surface de projection en même temps qu’un espace qui donne accès à un ailleurs.

Le lieu de l’intrigue est pourtant calme et se veut accueillant pour les visiteurs, ces habitants temporaires de l’espace d’exposition qui s’y adonnent aux plaisirs du goût et de la pensée. Des éléments de scénographie, conçus par les étudiants en art et design comme un geste plastique, induiront une hypothèse de cadre domestique pour les œuvres de la collection publique.

 

Thomas Huber, Angle II, 2002, © Serge Frühauf
Thomas Huber, Angle II, 2002, © Serge Frühauf